Entrevue

Sébastien, retour aux sources

mai 26, 2017
seb juge acro ok

Sébastien Soldevila, cofondateur et codirecteur artistique des 7 Doigts, a remis sa casquette de champion d’acrosport pour juger la première compétition du genre au Québec.

Invité par Dmitry Belyaykov, ami de longue date et ancien artiste de Saltimbanco (Cirque du Soleil), et en compagnie de Sasha Poztnyakov, entraineur de planche koréenne de Kooza (Cirque du Soleil), Sébastien a accepté de juger les jeunes sportifs lors de la première coupe Akrobatika à Longueuil (Québec). Dmitry a créé le club Acroshkaen 2002, puis cette compétition, à laquelle quatre clubs québécois étaient invités à participer.

Le plus proche cousin du cirque

Les disciplines de l’acrosport, où gymnastique acrobatique, sont extrêmement proches de celles du cirque : le « duo » d’acrosport est le pendant du main à main en cirque alors que le « trio » serait celui de la banquine. Cette formation est d’ailleurs une excellente base, les artistes qui en ont bénéficié peuvent aisément prendre une grande place dans les spectacles. De part leur maîtrise de la voltige, ils apportent de l’énergie et un effet de dynamisme.  Dans Cuisine & Confessions (Les 7 Doigts) par exemple, la présence de multiples porteurs et voltigeurs a permis la réalisation de tableaux de groupe incroyables.

 Champion d’acrosport

Sébastien a été formé en duo mixte d’acrosport au club de Bois-Colombe par Jean-Luc Voyeux, qui est toujours l’un des meilleurs entraineur français. « Je faisais alors du trampoline et il cherchait un porteur pour sa jeune athlète Émilie Bonnavaud, il m’a donc formé dans la discipline et Mimi a été la seule voltigeuse que j’ai jamais portée. Avec elle, nous avons terminé quatrièmes aux championnat d’Europe et septièmes au championnat du monde.  En 1992, quand je suis devenu porteur, le niveau de duo mixte était très bas en France, nous étions le seul duo de niveau international et comme dans n’importe quel sport, le succès entraine un grand engouement pour une discipline. L’acrosport s’est donc naturellement développé sur le territoire et le niveau français a augmenté. »

Émilie et Sébastien ont ensuite été recrutés ensemble par le Cirque du Soleil. En 2002, Sébastien a cofondé Les 7 doigts de la main et Mimi l’a suivi. Leur duo acrobatique est devenu un formidable duo de main à main qui a remporté la médaille d’or au festival mondial du cirque de demain en 2007 (VIDÉO)

Créer des ponts

Le niveau en acrosport, quasiment inexistant au Québec il y a 10 ans, connait une forte progression. Sébastien a pu évaluer le niveau actuel et donner des orientations de travail aux entraineurs. À Longueuil, les sportifs étaient, pour certains, de niveau national, ce qui représente une très bonne base pour le cirque car il ne leur faudrait que peu de travail pour s’adapter techniquement, beaucoup moins qu’avec la gymnastique par exemple.  

Une partie des artistes porteurs et voltigeurs ont d’ailleurs déjà une formation d’acrosport quand ils entrent à l’École de cirque, comme Nathan Price et Isis Clegg-Vinell dans Traces (Les 7 Doigts). Or, le niveau acrobatique des sportifs est directement relié au code international du pointage, les artistes mettant leurs forces sur ce qui est valorisé dans leur discipline. Dans le code actuel, la banquine a perdu de l’importance dans ce fameux pointage et l’on ressent directement une baisse de niveau chez les artistes issus de l’acrosport. Dans une certaine mesure, la Fédération d’acrosport a donc un impact sur certaines disciplines de cirque.  

Actuellement, l’acrosport Québécois ne bénéficie pas d’un grand soutien de la part de la fédération car c’est une nouvelle discipline au Québec.  Sébastien désire supporter les clubs et favoriser l’émergence d’un important vivier de sportifs de haut niveau, sportifs qui auraient l’opportunité de rejoindre les grandes écoles de cirque. Le centre de création et de production des 7 Doigts, opérationnel en 2018, se veut aussi un lieu d’échange, et Sébastien rêve d’y tenir des rencontres acrobatiques entre le cirque et le sport, porté par la conviction que de tels évènements aideraient à la fois à la formation des sportifs, des circassiens et des entraineurs.

 

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